• Littérature

    Des trucs sur ce que je lis, des challenges, des découvertes...
  • Cet été, en juillet il me semble, mais ça pouvait tout aussi bien être en juin voire avant, mais au fond, on s'en tamponne le coquillard avec un cubitus de gastéropode, j'ai lu le tome 1 des Etoiles de Noss Head, de Sophie Jomain.

    Je le dis tout de suite, je l'ai lu principalement parce que ça se passe en Ecosse (et que beaucoups de lecteurs étaient emballés).

    Les étoiles de Noss Head

    Mais alors, qu'est-ce que c'est quoi dis donc?

    Les étoiles de Noss Head, c'est le premier tome d'une saga urban fantasy, écrite par Sophie Jomain. C'est l'histoire d'une jeune fille de 17 ans, Hannah, qui est forcée de passer un été à Wick, en Ecosse, chez sa grand-mère. Donc, elle râle. En même temps on la comprend, les Ecossais eux-même se moquent de WIck. Bref.

    Enfin, elle râle jusqu'à ce qu'elle croise ce beau gosse de Leith, sombre et mystérieux jeune homme dont la principale qualité est d'être canon. Il est donc ténébreux, ne dit pas grand chose, mais les deux jeunes gens sont attirés l'un par l'autre et Hannah va découvrir un monde qui la dépasse...

    Mais alors, qu'est-ce que j'en pense quoi?

    Que j'ai eu l'impression d'être vingt ans trop vieille? XD.

    Sérieusement, j'ai trouvé cette histoire rapide, sans vraiment de surprise, ni même très intéressante. Le meilleur étant sans doute la mythologie des loups-garous, qui me semble sortir de l'ordinaire.

    En fait, j'étais sans cesse agacée par les personnages.

    Commençons par Hannah, qui se décrit dans le miroir, hein, pour faire dans l'originalité. Mais passe encore. Elle se définit elle même comme quelqu'un assez solitaire et cérébrale, qui pense à ses études, etc. et ne songe pas du tout à rencontrer l'amour. C'est limite si elle sait que les sentiments existent. Et paf, peu après, elle rencontre un type qui la désarçonne et elle va craquer pour lui. La suite, c'est qu'elle se mettra consiemment en danger tout au long du roman, en dépit du bon sens.

    Voyons ensuite Leith (prononcez "leeth" avec un long i et le th de 'cloth' - comme la banlieue/district d'Edimbourg). Grand, beau, ténébreux, mystérieux (sinon il serait relégué dans la friendzone). il est en fait imbuvable. Sous prétexte de protéger Hannah, il ne lui en dit pas trop et est dirigiste au possible - il donne des ordres plus que des conseils. Et il en vient même à la force envers elle. Sympa. Comme Hannah est curieuse, elle ne suivra pas les conseils de Leith, bien évidemment. Et il devra la sauver régulièrement.

    Et le meilleur ami d'enfance, Davis. Un crétin qui pense avoir le droit de forcer une fille pour lui dire qu'il l'aime. Mais tout va bien dans le meilleur des mondes. Entre un potentiel/futur petit ami dirigiste et imposant, et un crétin qui a failli la violer, elle est vachement bien entourée, Hannah.

    Sérieusement, avoir des personnages masculins comme ça, qui ne font face à aucune conséquence vis à vis de leurs comportements abusifs, je trouve ça alarmant. - Bon on n'est pas au niveau de Christian Grey, respire!

    Autres points qui m'ont fait tiquer, ce sont les descriptions - succinctes - du système écossais. J'ai été à la fac à Glasgow (et pas en échange, hein), et il se trouve que je suis prof dans le secondaire en Ecosse. Ce qui fait que je sais comment ça se passe pour intégrer une fac (avec la candidature, l'entretien), et comment devenir prof en Ecosse. Du coup, j'ai pas mal roulé des yeux. Mais je suppose que les adolescentes / jeunes adultes françaises (public cible à mon avis) n'ont pas toutes ces infos en tête, donc ça passe.

    Oui, parce que fin été, Hannah qui dit qu'elle s'est inscrite à St Andrews, on croirait ça sortit d'un chapeau, genre, je vais à la fac signer un papier et pouf je suis étudiante. La mère qui obtient un job de prof  comme ça, comme c'est facile! (après, pour ce dernier point, je vais être indulgente, c'est l'histoire de la fille, pas de la mère. La mère a très bien pu postuler, avoir un job, obtenu une équivalence auprès du GTCS pour pouvoir être prof là-bas. On en sait rien mais c'est tout à fait possible.)

    Question fac, Leith est en première année d'histoire. Première année de licence il me semble. C'est important de retenir ça, parce qu'à l'entendre décrire ses études, on le croirait en master...

    Je suis peut-être chiante à chercher la petite bête, mais pour moi ces défauts sont trop présents pour avoir un vrai bon roman. Pourtant, je voulais l'aimer; il a eu de bonnes critiques (auprès du public cible?) et je me disais que ce serait chouette. Après, oui, ça se lit bien, c'est sympathique, puis y'a un passage qui se situe aux Orcades (et ceux qui me connaissent savent à quel point j'aime mes petits îles du nord pour y avoir vécu deux ans), donc j'étais quand même contente qu'un roman YA sorte un peu des sentiers battus pour se passer à Wick - sérieusement, Wick! - et aux Orcades.

    Je ne sais pas, peut-être suis-je trop vieille pour être réceptive à ce genre d'histoire. Pourtant il me semble important de dire qu'avec de tels personnages principaux, selon moi, on ne délivre pas un message très positif sur les relations hommes-femmes.

    Quelle note? Bouargh, allez, 4/10 pour l'ambiance, les points originaux, et les Orcades.


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  • Parce que le navet n'est pas que cinématographique... et qu'il faut bien que je balance sur cette daube qu'est 50 Shades of Grey... Voici la fête de l'agriculture!

    Bon, OK, le monde s'est assez acharné sur cette œuvre littéraire (ahem!) vendue à plusieurs millions d'exemplaires de par le monde... oui, le monde est fou. Et mon jet d'aigreur ne va probablement pas changer la face de l'univers - ni même balafrer le visage de l'auteure - mais bon, hein, parfois, faut quand même se lâcher!

    Alors commençons donc les festivités!

    50 Shades of Grey, que j'abrègerai 50SoG, c'est le roman à la mode. La mode, c'est souvent l'art de faire du neuf avec du vieux, et de recycler la garde-robe de grand-maman... mais bon, s'il suffisait de mélanger Bram Stocker et Le Marquis de Sade pour faire une bonne fan-fiction érotico-vampirique, ça se saurait, hein. A la place, on a une trilogie qui à la base était une fan-fiction de Twilight. Vous savez, ce truc niaiseux à souhait avec des vampires en mode lampadaires au soleil.

    Hé bien, 50SoG est très très niaiseux.

    Question pour un chaaaaaaampion!!! Qui suis-je? Je suis un chef d'entreprise multimillionnaire, je n'ai pas trente ans, je parle plusieurs langues, je pilote mon hélico, j'ai eu une enfance difficile, j'ai un caractère de con, des tendances inquiétantes, j'aime tout diriger, et je fais flipper mon monde avec mes habitudes de stalker. Bref, je ne suis pas fréquentable mais j'ai l'avantage d'être un bogoss bien monté. Mon nom est utilisé dans le titre sous forme de jeu de mots hilarant dont je ne me remettrai jamais... Je suis, je suis.... Christian Grey.

    Je laisse la main!

    Qui suis-je? Je suis une jeune étudiante un peu cruche et très très niaise qui ne pense pas des masses - ou pense trop mais alors en mode mais allo quoi? - je suis obnubilée par un beau mec vachement flippant qui me fait suivre et m'envoie des cadeaux dont je ne sais que faire... bref, je suis grave in love avec un mec chelou mais grave trop beau atteint du syndrome de Clérambault... Je suis... Ana Steele!

    Bref, c'est une jeune femme inexpérimentée et c'est un mec tourmenté qui ressent pour la première fois des sentiments bizarres qui le font agir de manière irrationnelle (offrir des fleurs, c'est OK. Stalker la nana, c'est du harcèlement, monsieur.) Ils se rencontrent un peu par hasard et patatras, ça fait des étincelles, et ils vont finir par s'envoyer en l'air, avec force descriptions. Et la nana aime ça. C'est bien pour elle. Mais le bondage et le SM, c'est quand même pas trop son truc, même si elle kiffe. Donc à la fin du premier tome, elle claque la porte, se disant que, wai, quoi, trop c'est trop.

    Autant prévenir tout de suite, si vous en doutiez: il n'y aucune qualité littéraire dans ce bouquin. AUCUNE. Les personnages sont unidimensionnels, ultra plats... en fait, je crois que les théoriciens des cordes pourraient les citer en exemple pour illustrer ce que serait un monde en une dimension. Parfois, il y a une faible lueur d'espoir (genre, une allumette par grand vent, ça fait pschiit puis s'éteint aussitôt.) C'est l'effet "ouais, Christian, il a eu une trop dark life, il est super mystérieux, quoi, tavu." Oui, c'est sûr, avoir une vie de merde rend mystérieux et intéressant. Mouais, ça reste à voir. En fait, comme le livre est écrit à la première personne (point de vue d'Ana Steele), nous n'avons que les pensées de cette dernière... et comme elle a l'intellect d'une limule, forcément, on n'apprend pas grand-chose. Le lecteur reste prisonnier de ses états d'âme à deux sesterces, et ça ne fait pas tellement avancer le schmilblik. Tout ce qu'on sait, c'est ce qu'elle sait. Soit pas grand-chose. 600 pages sur du vide, je dis, quand même, chapeau bas! Et encore, ce n'est que le premier tome. Parce que OUI, il y en a deux autres qui suivent, là... ça frise l'orgie, à ce rythme!

    Mais bon, je m'attendais peut-être à une histoire, pauvre de moi! L'auteur n'a eu de cesse de répéter que c'est une histoire d'amour... Haha, au temps pour moi, je me coucherai avec deux points de QI en plus, tiens! Non, en fait, toute l'histoire ne semble être qu'un prétexte pour fantasmer un grand coup et décrire des scènes de sexe (c'est explicite) de manière assez plate finalement. Peut-être le manque de vocabulaire (ou d'expérience? :p) ? Je sais pas. Bref, ce qui est à priori le plus intéressant (nan, sans rire, pourquoi ça se vend aussi bien? Mais parce que y'a du carré rose, pardi!) est en fait totalement inintéressant. Comme le reste. On s'en fiche.

    Ou alors c'est juste moi, parce que quand même ça se vend bien et il parait que ça a fait du bien à la vie sous les draps de beaucoup de nanas. SANS BLAGUE? OMAGAD! Si ça, ça les réchauffe, putain, ça devait pas être bien folichon. Rhalala... Mauvaise langue, moi? Hey Ho, attendez, une phrase pareille peut être tendancieuse dans un tel contexte, je vous y vois, là!

    Breeeef une histoire bidon, écrite avec le talent et l'inspiration d'une collégienne de sixième qui aurait deux de tension. Les phrases sont simplissimes, le vocabulaire pas trop étendu, il n'y a aucun style à proprement parler. Cela devait être à la base une mauvaise fiction, et malgré des réécritures pour quitter le monde de Twilight afin d'en faire une œuvre originale, une mauvaise plume reste une mauvaise plume (ou une mauvaise histoire reste une mauvaise histoire - surtout quand ça parle de rien XD). Ouuuh que je suis méchante! (Oui et j'aime ça XD) On aurait pu s'attendre à mieux de la part d'une auteure qui a deux fois l'âge du lectorat de la saga vampirique... Hahahaha MAIS QUE DIS-JE!!!! Déjà que Twilight, c'est pas du grand art, nan, finalement, tout concorde!

    Pour faire simple, 50SoG est peut-être le pire livre que j'ai lu. Et non, je ne lirai pas les deux tomes suivants. Au moins, je l'ai pas acheté (dans un monde où l'emprunt existe, il faut le vouloir pour dépenser 20 euro là-dedans!) j'aurais vachement eu l'impression de m'être fait arnaquer.

    Bon, les gens lisent ce qu'ils veulent, et s'ils y trouvent quelque chose, c'est bien pour eux, mais ça fait surtout le beurre de gens qui vont s'engouffrer dans cette voie: le remaniement de fan-fictions qui ont bien marché sur le net, sachant que dans la fan-fic, il y a à boire et à manger et que ce qui marche n'est pas forcément ce qu'il y a de meilleur (on en a la preuve avec cette trilogie.) Une autre œuvre de fan-fiction parue sur le net, et issue de l'univers Twilight, a été publiée. Enfer et Damnation! C'est la porte ouverte à toutes les fenêtres!


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  • Une fois n'est pas coutume, je vais parler d'un livre écrit par une amie, et publié il y a déjà deux ans. Je l'ai acheté il y a quelques mois et je l'ai enfin lu. Il s'agit de L'histoire du garçon à la jambe de bois, de Morgane Deleval, paru chez Edilivre et disponible un peu partout il me semble.

    Voici la quatrième de couv': Ira fonctionne par verrouillage automatique, comme un vieux réflexe presque confortable. Link est un puzzle. Il sent qu’il y a certaines pièces qui coincent, mais lesquelles ?
    Leur rencontre va faire vaciller leurs certitudes. Des réponses à des questions qu’ils ne se posaient pas encore. Des vides insoupçonnés, comblés l’un par l’autre.
    Ces deux garçons avancent sur un fil, comme des acrobates amusés et enivrés de leurs vertiges. Ils ignorent encore à quel point la corde est solide.
    Aimer est le plus beau des risques.  

    Autant écrire des trucs de romances grandiloquentes et barrées me fait marrer sur un forum RPG, autant en lire, de la romance, ce n'est pas forcément ma tasse de thé. Je suis pas la fille la plus romantique du monde (mon mec est plus romantique que moi!) mais quand c'est bien amené et que les personnages sont attachants, pourquoi pas!

    C'est là la force de ce court (102 pages) roman. On va droit au but en zappant les détails annexes pour se concentrer sur Ira et Link, deux âmes blessées, chacune à leur manière. Deux caractères différents, deux façons de vivre différentes. Je me suis identifiée aussi bien à Ira (qui me fait quand même l'effet d'être un connard XD) qu'à Link, pour leur fonctionnement et ressentis, justement. L'un fonctionne par verrouillage automatique, l'autre est très effacé et décalé. Et ce sont des caractéristiques crédibles, réalistes, et je sais de quoi je parle^^. Même si ma vie ne ressemble en rien à celle des deux protagonistes, ils sont assez réels pour qu'on les suive, s'attache à eux.

    Deuxième point fort, le découpage. Leur histoire, leurs problèmes, ne se résolvent pas comme par magie en trois coups de cuiller à pot, au contraire. Cela prend du temps, des mois, une année (temps du roman) et la fin n'est pas la fin, justement. Mais on suit ces deux garçons, mois après mois, dans cette année charnière durant laquelle leurs convictions vont tomber et ils vont devoir affronter leurs peurs et leur démons pour s'en sortir grandis.

    J'ai quelques petits bémols à accorder, mais qui n'entâchent pas vraiment ni la lecture, ni l'histoire dans sa globalité. Si on connaît le background d'Ira, sa famille, ses relations avec elle, on ignore presque tout de Link, à part qu'il a une meilleure amie. J'aurais aimé en savoir plus sur lui. En même temps, c'est cette part de mystère, de garçon qui ne se dévoile pas, qui fait aussi son charme. Il est effacé, dans tous les sens du terme, et prend de plus en plus d'importance, dans l'histoire comme dans sa manière d'intéragir avec les autres.

    Le livre est réellement du point de vue d'Ira et de Link. Et ça se ressent dans le quasi anonymat des autres personnages qui vont et viennent. Ira ignore volontairement les autres, Link est limite un figurant dans sa propre vie, donc dans celle des autres.

    En bref, une très bonne lecture, sur un ton très agréable à lire, avec des dialogues tantôt cinglants, tantôt ironiques, qu'on aimerait sortir plus souvent. Des paroles actuelles, qu'on dirait nous mêmes, qu'on entendrait facilement. Bref, pas du surjoué, ni du jeunisme raté (Mais si! c'est 'bleu-ssi-po! si vous vous souvenez de la pub SNCF xd).


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  • Bonjour bonjour (ou bonsoir!). Pour ce billet, je vais parler à la fois d'un livre et d'un film. Il s'agit du roman de Lois Lowry paru en 1993, Le passeur (The Giver en VO) et du film du même nom, réalisé par Philip Noyce, avec Brenton Thwaites et Jeff Bridges (entre autres) et sorti  en 2014.

    ATTENTION, IL Y A DU SPOIL ICI, MÊME SI JE NE DIS PAS LA FIN.

    Passeur / Giver                 Passeur / Giver

    J'ai d'abord vu le film et ce que j'ai vu m'a assez intriguée et plu pour que je lise le livre. Le roman a la réputation d'être parmi les premiers livres de dystopie pour ados, sinon le premier. Il se déroule dans un avenir qu'on devine à plusieurs générations de nous (au moins sept ou huit, je dirais), puisque cela fait très longtemps que la société décrite est telle qu'elle est et que plusieurs Passeurs se sont succédés, après ce qu'on a appelé la Ruine (la destruction du monde tel que nous le connaissons.)

    Dans cet avenir, les hommes vivent dans des communautés où il n'y a que des émotions de surface (contentement, amitié simple, satisfaction, amusement) mais rien de profond (pas de haine, pas d'amour, pas de jalousie, etc.). Chacun a un rôle bien défini et suit des règles simples. L'enfance y est très balisée, et à chaque étape, il y a une cérémonie. Dès huit ans, ils font du bénévolat, ce qui aidera les anciens à déterminer leurs atouts et intérêts pour leur donner leur futur rôle dans cette société si parfaite, lisse, conformiste au possible. Cette attribution est donnée lors de la cérémonie des 12 ans, qui marque la fin de l'enfance et le début de la formation à la vie d'adulte.

    L'histoire commence en hiver. Jonas a 11 ans et appréhende sa cérémonie. Lors de cette dernière, on ne lui attribue aucun rôle lors de la répartition. On le retient à la fin pour révéler au peuple qu'il a été sélectionné pour devenir le prochain Dépositaire de la Mémoire. Il suivra donc sa formation avec l'actuel historien/musée à mémoire de service, qui lui passe les souvenirs. Le passeur, c'est lui. Et Jonas apprend ce qu'était le monde avant la Ruine. Il apprend les sentiments, les couleurs, les relations humaines, le bon, le mal, la paix, la guerre... Est-ce bon de savoir tout ça? Ou est-ce meilleur de conserver la communauté telle qu'elle est?

    Le film suit la trame générale, jusqu'à la fin, qui est à peu près pareille. En cela, dans le propos et les faits, les deux oeuvres sont assez similaires. Il y a tout de même des différences, des aspects, ou des caractéristiques des personnages qui sont passés à la moulinette de l'adaptation.

    Tout d'abord, l'âge de Jonas et de ses amis. Il ont désormais 16 ans. Et je dois dire que c'est pour le mieux. Mon avis est qu'un gamin de 12 ans me paraît moins apte à vivre et accomplir ce qu'il fait dans le livre. Un adolescent rend l'histoire un peu plus crédible à mes yeux. Après, le choix d'en faire des ados était probablement influencé par le Dieu Argent et l'effet de beaux jeunes gens sur le public cible (un peu comme pour Percy Jackson, qui a subi la même croissance pour son passage sur grand écran).

    Ensuite, les médicaments. Dans le roman, il est dit que tout le monde, dès les premiers signes de désir (sexuel), prend une pillule pour anesthésier ces effets. Dans le film, ce n'est pas précisé, et le médicament que les gens prennent semble être un fourre-tout imprécis. Ce n'est pas bien grave, mais ça aide à la compréhension de ce monde.

    Pour continuer, Asher, le meilleur ami de Jonas et Fiona, devient pilote de drône car aventureux, hors dans le livre, il est plutôt maladroit et rigolo, ce qui fait de lui un futur responsable des loisirs. Ce changement n'a qu'un seul but selon moi: aider le scénario à avancer en y ajoutant une dose de tension et d'action. De quelqu'un assez accesoire (dans le roman), il devient un peu plus important voire essentiel pour le déroulement de l'histoire (dans le film.)

    Il y a d'autres différences, mais elles sont moindres, dirais-je. Le propos du roman reste inchangé: la liberté, le libre-arbitre, les émotions, la mémoire, la différence, l'individualité sont des parties intégrantes de l'humanité et les retirer fait de nous des pâles fac-similés, dans un état finalement totalitaire et délateur.

    Le livre se lit très rapidement. J'ai été pour ma part un peu sur ma faim à la fin, mais finalement ça reste ouvert. Peut-être faut-il lire les autres livres pour comprendre ces communautés et les conséquences des actes de Jonas. En tout cas, on comprend les enjeux et on découvre petit à petit, même si on s'en doutait vachement avant, quelles horreurs les gens de cette communauté commettent sans en avoir vraiment conscience, pour certains (la scène avec le nourricier et le bébé, aussi bien dans le roman que dans le film, fait froid dans le dos. C'est ça, leur perfection?)

    Le film se suit très bien. Tout est en niveaux de gris, pour coller à l'atmosphère du roman, dans lequel on ne voit pas les couleurs. Et les couleurs apparaissent ici et là, au fur et à mesure que Jonas avance dans son apprentissage de la mémoire. J'ai trouvé l'acteur principal (Brenton Thwaites) convainquant, à la foix doux, hésitant, mais finalement déterminé. Les adultes font leur boulôt, les autres ados aussi. Tout se tient bien. Il y a bien quelques failles, notamment dans le montage, qui rend le tout maladroit. Par exemple, lors de la cérémonie, les ados défilent, on leur donne leur attributions, mais pour Asher et Fiona, on a droit à un speech qui résume les raisons de ces attributions. Cela rend le tout bancal. Il n'y a rien de ça dans le roman.

    Il aurait aussi fallu apporter plus de nuances dans la différence entre les émotions de surface et les sentiments profonds. Quoi qu'il en soit, même un peu bancal, cela reste pour moi un beau film sur la recherche de soi, de la différence, de la mémoire, au même titre que le livre.

    Livre: 7/10 - Film: 7/10


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